JUSTE MAGNIFIQUE(S)

Biesheim a enchaîné un second exploit en Coupe de France en écartant Fleury en 32e de finale (1-0). Jamais les Rhénans, encore magnifiques hier sur la pelouse francilienne du stade Robert-Bobin, n’étaient allés aussi loin dans l’épreuve dont ils deviennent le Petit Poucet.
Les larmes ont coulé. Davantage sur les joues des bénévoles – « c’est un truc de malade, c’est trop beau » – que sur les visages des héros éclairés par de larges sourires. Cette qualification historique pour les 16es de finale de la Coupe de France, les Biesheimois sont allés la chercher, déjouant les pronostics qui se voulaient pessimistes. Fleury, invaincu chez lui depuis un an et demi, devait être un sommet trop escarpé. Mais la volonté et la folie des Alsaciens leur ont permis de renverser une nouvelle montagne.

Hervé Milazzo l’avait promis : son équipe essaierait de s’en sortir par le jeu, comme elle a toujours essayé de le faire depuis le début de la saison. Et si le leader du groupe C de National 2 a mis le pied sur le ballon, faisant d’abord valoir une maîtrise supérieure, Biesheim a joué avec ses armes, sans s’affoler, au point de se montrer dangereux sur chaque contre, ou presque.

• La volonté d’y croire
Viana a ouvert les hostilités sur un centre en retrait de Guillaume Jacquat mais Veron s’est montré vigilant sur sa ligne (10e ). Le même Viana ouvrait ensuite trop mollement son pied droit après un loupé de Scotte, le latéral droit francilien (29e ). Peu de temps auparavant, il avait manqué quelques centimètres à Efondja pour couper un centre tendu dans les six mètres (23e ).

En ne refusant pas de construire depuis l’arrière, quitte parfois à prendre trop de risques, les Haut-Rhinois se sont prouvés à eux-mêmes qu’ils pouvaient enquiquiner un adversaire hiérarchiquement supérieur, comme cela avait déjà été le cas au 8e tour contre Lyon-Duchère.

Toutefois, sur les longs ballons essonniens, il y avait (trop) souvent danger. Fofana n’a pas profité d’une sortie hésitante de Kehi, envoyant son lob d’une vingtaine de mètres de peu à côté (16e ) tandis que Bouazza, nouvelle recrue, a été repris in extremis par Muller (35e ). Le latéral gauche sera encore là pour contrer juste avant la pause une reprise de Sanches (45e +2).

À la pause, l’égalité était donc parfaite, de quoi sans doute donner des idées à des Biesheimois toujours aussi entreprenants à la moindre occasion. Viana, très actif sur son aile gauche, trouvait une nouvelle fois les gants de Veron (54e ). Un premier coup de semonce. Dans la foulée, Mabunda s’emmêlait les pinceaux devant Efondja à 40 mètres de son but. Ni une, ni deux, après avoir résisté au retour d’Autret au terme d’une course folle, l’avant-centre rhénan prenait Veron à contre-pied depuis l’entrée de la surface (0-1, 59e ).

Comme pétrifié par ce coup du sort, Fleury, déjà bien moins en vue, est progressivement sorti du match. À force de développer un jeu stéréotypé, de ne pas mettre assez de vitesse dans leurs combinaisons et de multiplier les approximations, les Franciliens ont placé les visiteurs dans les meilleures conditions pour réussir une sacrée performance. « On n’avait pas la prétention de faire le jeu, on voulait avant tout bien défendre , dira après coup l’entraîneur des vainqueurs, Hervé Milazzo. Être acculé durant 90 minutes, cela n’aurait pas été jouable. À la pause, j’ai dit dans le vestiaire que cela ne servait à rien d’être à zéro à zéro s’il n’y avait pas la qualification au bout. »

• Kehi, faiseur de miracles
Avec un surcroît de réalisme, les Rhénans auraient même pu se mettre à l’abri sur l’une ou l’autre situation de contre qui s’est fatalement présentée, le chrono s’égrenant. C’est davantage défensivement que les Orange se sont montrés efficaces, ne concédant qu’un nombre (très) réduit d’occasions en seconde période. Exceptées les têtes de Slijepevic (61e ) et Fofana (86e ), qui ont toutes deux fui le cadre, Kehi n’a jamais eu l’occasion d’avoir peur. Du moins le croyait-on…

Seule la fin de match, dans un classique attaque-défense, a fait craindre le pire. Acculés dans leur surface de réparation, les Alsaciens sont restés soudés, solidaires, courageux. Peut-être encore galvanisés par la vidéo de leurs proches diffusée durant la causerie avant la rencontre. Kehi, lui, est sorti de sa boîte au meilleur moment pour chercher un centre dévié au ras de son poteau gauche (90e +2) avant de gagner l’ultime duel de la partie face à Danso (90e +4).

EFO DJA BUTEUR FLEURY

SOURCE : L’ALSACE

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