« Une expérience qui forge »

Un an après avoir quitté la région pour Raon-L’Etape (CFA), puis Kénitra (D1 marocaine), où il a signé un contrat pro, avant de rencontrer quelques difficultés, le Guebwillerois Saïd Dardouri est de retour en Alsace. Il s’est engagé hier à Biesheim (National 3, ex-CFA 2), où il espère retrouver le plaisir des terrains.

Saïd Dardouri, après six saisons au FC Mulhouse, vous avez quitté la région pour la première fois l’été dernier en vous engageant à Raon-L’Etape, dans les Vosges. Comment s’est passée cette expérience ?

J’ai directement été intégré au groupe. Sportivement, ç’a été une réussite sur le plan collectif, mais aussi individuel puisque j’ai joué la quasi-totalité de la phase aller et un match retour, avant de m’en aller au Maroc.

Ce match retour, c’était au stade de l’Ill face au FC Mulhouse…

Oui, pour moi qui ai passé six saisons au FCM et joué plus de 120 matchs avec l’équipe une, c’était un beau signe du destin de finir à Mulhouse, en plus sur une victoire pour mon équipe.

Vous avez ensuite quitté la France pour un contrat professionnel au Maroc, à l’AC Kénitra. Comment ça s’est passé pour vous ?

Au départ, tout se passe bien. J’intègre l’effectif, je pars en stage avec eux au Brésil. Sauf que là, les difficultés commencent. L’entraîneur me dit que j’aurais dû passer par lui avant de rejoindre le club, que c’est le président qui m’a recruté et pas lui. Donc, déjà, ça coinçait avec le coach. Finalement, il y a eu un changement d’entraîneur à ce moment (Ndlr : le club est alors relégable). Je pensais donc que les cartes allaient être redistribuées, sauf que le nouveau coach avait décidé de ne compter que sur les joueurs qu’il avait déjà vu jouer. Du coup, j’ai continué à m’entraîner sérieusement et disputé des matches avec les espoirs.
« Je ne regrette rien et je vais continuer d’avancer »

Ça doit être frustrant pour un joueur qui n’a connu que le monde amateur de découvrir le monde pro de cette manière…

C’est vrai, mais je me dis que mes efforts ont tout de même fini par payer. Je suis malgré tout parvenu à signer un contrat pro… Après, les aléas ont fait que…

Votre mésaventure ne s’est pas limitée au fait de ne pas jouer…

Le club avait des problèmes financiers et je me suis rendu compte qu’il y avait un souci au niveau de mon contrat. Celui que j’ai signé n’était pas le même que celui qui avait été déposé à la Fédération. Je suis donc allé voir le président pour lui demander une résiliation à l’amiable, afin d’être libre en vue de cette saison. Et je suis rentré en France mi-avril.

Vous dites-vous que vous auriez mieux fait de rester dans le football amateur ?

Je ne regrette rien et je vais continuer d’avancer malgré tout. C’est une expérience qui forge. Quand je vis une expérience comme ça, je ne retiens que le positif. Ça m’a permis de voir autre chose. Maintenant, je reviens en Alsace pour jouer à Biesheim avec envie.

Vous allez découvrir le National 3 avec le club rhénan. Le FCM, avec qui vous vous êtes entraîné à votre retour en France, n’a-t-il pas tenté de vous faire revenir ?

J’ai discuté avec le club, mais les dirigeants m’ont dit qu’ils préféraient privilégier d’autres pistes.

Aucun club de National 2 (ex-CFA), comme le FC Saint-Louis, ne s’est positionné ?

Saint-Louis ne m’a pas contacté, non. Sinon, j’ai eu plusieurs autres clubs de National 2 qui se sont intéressés à moi, mais je ne voulais pas quitter à nouveau l’Alsace pour jouer à ce niveau. Ça ne m’intéressait pas. J’ai privilégié la région plutôt que la division.
« Tout doucement préparer l’avenir »

Vivez-vous comme un échec le fait de signer en CFA2?

Non, vraiment pas. Si je ressentais l’échec, je serais reparti travailler encore plus bas que National 3. Et ce n’est pas parce que je descends d’un niveau que je vais tout lâcher. Comme m’a dit le président (Marc Nagor), ça peut être un tremplin pour moi. Biesheim va me permettre de progresser à nouveau et d’avoir la possibilité de vivre dans une situation plus confortable pour tout doucement préparer l’avenir. J’ai plusieurs projets en tête et ceux-ci ont plus de chances d’aboutir dans un environnement comme celui de Biesheim. Vendredi, je passe un test de sélection pour intégrer la section BEF (Brevet d’Entraîneur de Football) de Nancy. J’aimerais aussi travailler pour la Ligue, aider l’encadrement du sport-études par exemple. Ce sont des idées qui me motivent à rester dans la région. Biesheim est un club qui travaille bien, avec un président qui veut aller de l’avant et un coach compétent (Hervé Milazzo). Il s’est maintenu en CFA 2 et nous allons essayer de faire mieux la saison prochaine. Le club garde une belle ossature et a décidé d’amener une plus-value à certains postes. Je suis content d’intégrer cet effectif.

Source : http://c.lalsace.fr/sport/2017/06/07/une-experience-qui-forge

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