Kehi, une autre façon de voir les choses

Publié il y a 1 semaine par

Kehi, une autre façon de voir les choses
L’an dernier, Vauvenargues Kehi (28 ans le 7 août) avait choisi de quitter le « confort » de Biesheim pour découvrir la « culture » allemande, à Offenbourg. Sur place, l’ex-gardien du Racing a appris à s’entraîner sans calculer ses efforts. Il revient à l’ASCB transfiguré.

Il avait dit au revoir à l’ASC Biesheim (N3) au printemps 2019, avec « le sentiment d’avoir fait le tour de la question ». Après cinq saisons sur les bords du Giessen, Vauvenargues Kehi avait « envie de voir autre chose, de tenter une nouvelle aventure ». Le gardien souhaitait surtout trouver un challenge compatible avec son nouveau métier de contrôleur de travaux sur les chantiers d’installation de la fibre optique en Alsace. Il a finalement opté pour Offenbourg, pensionnaire de Verbandsliga, l’équivalent du Régional 1 dans le Bade-Wurtemberg.

« J’ai découvert une autre méthode, une autre culture », raconte-t-il. « Là-bas, les joueurs sont associés à la prise de décision pour tout ce qui concerne le fonctionnement de l’équipe première. En contrepartie, ils ne se gèrent pas à l’entraînement et sont vraiment investis. Ce sont des choses qu’on me disait, j’ai pu les observer de mes propres yeux. Pourtant, ce n’est que de la Division d’Honneur… » Après avoir baigné dans un « certain confort » à Biesheim, où il ne voyait « pas de raison de changer [sa] manière d’être », le portier a été contraint « de [se] faire violence » outre-Rhin. Il a notamment dû se mettre au même niveau de « hargne » que ses coéquipiers. « Quand on arrive dans un nouvel environnement, on est obligé de se fondre dans le moule pour ne pas faire tache », souligne-t-il.

“Vauve” s’est adapté. Il s’est simplement fait un peu désirer, en début de saison, son club devant attendre la fin de sa suspension avant de pouvoir l’aligner. « J’avais terminé l’exercice précédent en prenant un carton rouge avec l’ASCB (Ndlr : à la mi-temps du dernier match contre le FC Agglo Troyenne, après avoir adressé quelques mots doux à l’arbitre) », explique-t-il.

Le dernier rempart n’aura donc disputé qu’une douzaine de rencontres sur les 18 de sa formation, 2e du groupe Südbaden avant l’arrêt du championnat pour cause de coronavirus. « J’ai vraiment adoré. J’étais prêt à rester à Offenbourg plusieurs années. Mais c’était sans compter sur Biesheim, un club pour lequel j’ai un attachement particulier… »

Contacté par Vincent Schmitt, le patron de l’ASCB, durant le confinement, Vauvenargues Kehi n’a pas hésité longtemps avant d’entériner son come-back.

« Le président, que j’ai peu connu (Ndlr : il a succédé à Marc Nagor en 2019), essaye de donner un nouveau souffle à l’équipe », apprécie le gardien. « J’aime son culot, il ne se met pas de barrières. Il a recruté des joueurs de très bonne qualité (Genghini, Hayef, Boukalada, Boutantin…) qui semblaient inatteignables pour Biesheim il y a encore quelque temps. En fait, tout a changé ici, à commencer par le coach (Ndlr : Claude Spreng a remplacé Hervé Milazzo sur le banc de touche). J’ai l’impression de débarquer dans un nouveau club ! »

S’il élude la question des « objectifs sportifs » - « C’est le terrain qui décidera » -, l’ancien du Racing Strasbourg (2009-2014) peut légitimement espérer revivre des moments mémorables dans le Haut-Rhin. Son meilleur souvenir sous le maillot rhénan reste bien sûr la folle épopée en Coupe de France, achevée en janvier 2018 sur une défaite aux tirs au but, en 16es de finale face à Grenoble. « Tu ne peux pas comprendre tant que tu ne l’as pas vécu », souffle-t-il. « Je ne pensais pas que le football pouvait procurer ce genre d’émotions. Cela restera à jamais gravé en moi, au même titre que les montées avec le RC Strasbourg (en CFA en 2012, puis en National en 2013) ou mes sélections pour le tournoi de Montaigu (*) en équipe de France U16. »

Il y a de cela un an, “Vauve” pensait avoir atteint un plafond de verre avec Biesheim. Il veut désormais le faire exploser. À bientôt 28 ans - il les fêtera le 7 août -, le portier assure revenir « reboosté, avec des idées plein la tête ». Prêt, surtout, à démontrer tous les bienfaits de sa parenthèse allemande.

(*) Cette compétition, régulièrement rebaptisée « Mondial minimes », est l’une des plus relevées d’Europe dans les catégories jeunes.

source : l'alsace

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