Grosperrin pose ses valises

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Pour un retour, il a été servi. Titulaire pour l’ouverture de la saison de CFA 2 face à Metz II, Yoann Grosperrin avait quitté le terrain au bout d’une heure, la faute à une élongation à la cuisse droite. Son retour à la compétition avait été tendre, en Coupe de France, le week-end dernier à Sundhoffen, même si la qualification avait été (très) difficile à chercher.

Son vrai baptême du feu sous le maillot biesheimois, c’est samedi qu’il l’a connu, face à la réserve du Racing et son secteur offensif (Othon, Benkaïd, Belhameur, Pouye) d’une qualité supérieure à la cinquième division.

Trois ans de « haut niveau » à Tubize, en deuxième division belge

« C’est vrai qu’il y avait une belle opposition en face. On a tenu une mi-temps mais on a manqué d’agressivité dans les duels au retour des vestiaires, note celui qui est bien malgré lui impliqué sur l’ouverture du score strasbourgeoise suite à une mésentente avec son gardien Kehi. Je ne vois pas partir Benkaïd dans mon dos, il joue bien le coup. On manque encore parfois de lucidité. Il y a matière à progresser. »

Et le Belfortain s’inclut dedans. Pas encore totalement dans le coup après une préparation tronquée et une blessure pour ses grands débuts sous le maillot bleu, Yoann Grosperrin est encore un peu juste.

« Je manque de rythme. Physiquement, je dois monter en puissance. Là, je gère à l’expérience, avoue le défenseur central de 28 ans. C’est avec ce type de match que je vais retrouver mon niveau. Je serai bien plus utile à l’équipe une fois en possession de tous mes moyens. »

Il faudra donc attendre un peu pour savoir si son retour en Alsace est concluant. Mais il n’y a pas de raison qu’il ne le soit pas. Car le Belfortain revient sur ses terres d’adoption fort d’une expérience de trois ans en deuxième division belge.

À Tubize, il a découvert le « haut niveau » dans une équipe à la coloration française, avec Régis Brouard sur le banc ou encore Philippe Thys, l’ancien du Racing, au recrutement. Mais entre un rôle de doublure en fin de contrat et retraverser la frontière pour entamer une reconversion, il a choisi la seconde option. Bien qu’il s’était donné jusqu’à 30 ans pour se mettre au service de sa passion.

« L’après-foot me trotte dans la tête depuis deux ans. Là, je me suis lancé dans une école de kiné à Kehl. Pour l’instant, j’apprends l’allemand, raconte celui dont l’arrivée sur les bords du Rhin doit beaucoup au coach Hervé Milazzo. J’ai beaucoup pensé à moi depuis le début de ma carrière. Ma compagne Lætitia va devenir avocate dans six mois, c’était le moment de rentrer. Et je ne bougerai plus. »

« Je sais qu’on attend beaucoup de moi »

À Biesheim, il a trouvé le compromis parfait pour continuer à s’exprimer avec ses pieds en attendant d’en faire autant avec ses mains. Le « gros potentiel » de l’équipe l’a convaincu de rejoindre un cinquième club alsacien, après Mulhouse, Saint-Louis, l’ASIM et Sarre-Union. Ne reste plus qu’à devenir une pièce du puzzle.

« Je suis quelqu’un de patient. Je commence à me sentir bien en défense, les automatismes se créent petit à petit, indique Yoann Grosperrin. Le projet qu’on m’a présenté m’intéresse. On développe un jeu ambitieux. On essaie de se projeter vite vers l’avant. On va s’améliorer au fil des matches. »

L’ASCB comme son nouveau défenseur central n’auraient donc pas encore donné leur pleine mesure. Et vraisemblablement, l’un n’ira pas sans l’autre. Car « dans une poule particulièrement relevée », l’ancien du FCM sait qu’il aura un rang à tenir, un collectif à tirer vers le haut.

« Je sais qu’on attend beaucoup de moi. Ça prend un peu plus de temps que prévu mais il n’y a pas le feu », temporise celui qui s’est engagé un an avec les Rhénans.

Yoann Grosperrin veut se donner le temps. Celui d’étirer une carrière qu’il circonscrira désormais aux contours de sa région d’adoption. Avec plaisir.

Source: http://c.dna.fr/sports/2016/10/03/grosperrin-pose-ses-valises