IL N’YA QU’UN HERVÉ MILAZZO – ASCBiesheim-football

0

« Hervé Milazzo. Il n’y a qu’un Hervé Milazzo ! » Ces quelques mots se suffisent à eux-mêmes. Et montrent la trace qu’a laissée le défenseur central dans le cœur des supporters grenoblois. Une chanson reprise comme un hymne durant quatre saisons (1999-2003) au stade Lesdiguières. Des paroles qui touchent encore au cœur, 15 ans après, à voir l’émotion refaire surface dans les yeux de l’entraîneur de Biesheim.

Bien sûr, comme ses joueurs, Hervé Milazzo aurait espéré accueillir une Ligue 1, mercredi en 16es de finale de la Coupe de France. Mais recroiser la route du GF 38 où il a sans doute passé ses meilleures années de joueur ne le laisse pas insensible. C’est même tout l’inverse.

• « Humainement, ça a été incroyable »

« Grenoble est un club cher à mon cœur. J’y ai quand même disputé un quart de finale de Coupe de France (perdu contre Troyes) et vécu une montée (en L2). Humainement, ça a été incroyable avec le club, les partenaires, les supporters, certifie le quadragénaire. La seule satisfaction de ce tirage, c’est de retrouver le GF 38. »

Et visiblement, c’est réciproque. Assis à côté du manager grenoblois Max Marty lors du tirage des 32es de finale, Hervé Milazzo a sacrifié à la photo souvenir qui n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux du club isérois. « Les années 2000, c’est le moment où le football s’est implanté sur le territoire. C’est un joueur très important à Grenoble, très populaire chez les Red Kaos (supporters). Il avait cette grinta, cette générosité, on pouvait compter sur lui. Il a su se montrer proche des gens. C’était un vrai bonheur de travailler avec lui durant quatre ans », souligne le dirigeant.

Le lien n’a jamais été rompu. Et aujourd’hui, son ami Hakim Aibèche, avec qui il a fait ses classes et joué au FC Mulhouse, entraîne la réserve alpine. D’autres connaissances sont toujours au sein d’un club que l’ex-défenseur central a rejoint à la demande d’Alain Michel. Malgré des touches en région parisienne et une offre de contrat de trois mois en League One, sa première expérience hors Alsace a donc été grenobloise. Sans regret aucun.

« À ce moment-là (en 1999) , c’était un challenge intéressant. Le club venait de monter en National. Et avec le dépôt de bilan du FCM, je me retrouvais sans contrat, rappelle le coach biesheimois qui a donc décidé de sauter le pas. Quand tu signes professionnel dans le foot, tu sais que tu es amené à bouger. On y était préparé ma femme et moi. Il y avait quand même une appréhension au moment de quitter les proches. »

• 2000-2001, la saison parfaite

Son intégration expresse aura tôt fait de le rasséréner. Grenoble lui a ouvert les bras comme s’il faisait depuis toujours partie de la famille. Et lui y fondera un foyer puisque son fils Amaury verra le jour au pied des Alpes en 2000.

Sous la tutelle amicale de Raphaël Camacho, l’Alsacien va rapidement trouver sa place. Les bons résultats sportifs et les amitiés naissantes, notamment avec Cyril Courtin, lui permettront de s’épanouir pleinement.

Le temps a donc filé (trop) rapidement. Exception faite, sans doute, de la préparation estivale concoctée par Alain Michel à son arrivée, « une des plus intenses que j’ai vécues », souffle encore aujourd’hui Hervé Milazzo. Mais qui a permis au promu de terminer la saison en boulet de canon pour s’offrir une finale d’accession à Angers lors de l’ultime journée en championnat. Un espoir déçu, une grosse frustration mais un acte fondateur pour la suite.

Grenoble sera inarrêtable en 2000-2001. « La saison la plus aboutie de ma carrière. On devient champion, mon seul titre au niveau national, on monte en L2 et on joue un quart de finale de Coupe de France. En plus, il y a la naissance de mon fils. Mon témoin de mariage, Laurent David, m’avait rejoint au club. J’ai vécu des émotions formidables. Et j’ai prouvé que Milazzo n’était pas fini. Grenoble m’avait donné l’opportunité de rebondir, j’avais à cœur de rendre cette confiance. C’est devenu mon club d’adoption. »

En bon capitaine, il présidera au maintien du GF 38 en L2 de 2001 à 2003. Mais la belle histoire prendra fin après une fracture au pied gauche. Remis de sa blessure, il ne retrouvera plus la confiance de son entraîneur Alain Michel, qui l’invitera à chercher un point de chute. Un épisode pour lequel il ne nourrit aucune rancœur a posteriori, même s’il n’a toujours pas compris les raisons de ce choix.

Les supporters, eux, seront autrement plus remontés. Et ils chanteront les exploits de leur chouchou lorsqu’Hervé Milazzo viendra défier Grenoble, quelques mois plus tard, avec la sélection des chômeurs de l’UNFP.

• « Grenoble, un club spécial »

« C’était très fort, un moment inoubliable, parce que je sais que tout le monde n’y a pas droit (seul Sergio Rojas a aussi eu sa ritournelle au GF 38, ndlr). Ces quatre années ont été celles de la maturité. J’ai quitté mon cocon familial, j’ai trouvé des gens humainement extra, je suis devenu papa, j’ai grandi, et pas que sur le plan sportif. Pour tout ça, Grenoble reste un club spécial. »

Mercredi, quel que soit le déroulé du match, devrait résonner un air connu. Et si d’aventure Biesheim signait un troisième exploit consécutif face à Grenoble, tout un stade pourrait reprendre sans se gêner : « Hervé Milazzo. Il n’y a qu’un Hervé Milazzo ! »

Hervé Milazzo sous les couleurs de Grenoble.

hervc389-grenoble-1754871

Hervé Milazzo (cinquième au troisième rang en partant de la gauche), pose avec ses coéquipiers en tant que capitaine de l’équipe de Grenoble à l’orée de la saison 2001-2002.

SOURCE : http://c.dna.fr/liseuse/F24/20180122