TERRIBLEMENT CRUEL – ASCBiesheim-football

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Au moment de fouler la pelouse, pour ce 16e de finale de Coupe de France, les joueurs de Biesheim ont vu leurs repères habituels voler en éclats. Un stade municipal copieusement garni, un habillage digne d’un match professionnel, des caméras de télévision, il y avait de quoi avoir le tournis. Mais les amateurs de l’ASCB avaient les idées claires.

Ce match, les Rhénans l’ont joué comme il le fallait. Avec une envie à vous soulever la montagne grenobloise, une présence dissuasive dans les duels et un bloc compact empêchant le pensionnaire du National de mettre de la vitesse dans son jeu.

Pour tenter la passe de trois, après Lyon-Duchère (1-0 ap) et Fleury (1-0), Hervé Milazzo avait fait confiance au même onze que celui aligné à Bondoufle. Et comme souvent, le coach haut-rhinois ne s’était pas trompé dans le choix des armes. Il savait, de toute manière, pouvoir compter sur un groupe à la motivation exceptionnelle.

• Une formidable débauche d’énergie

Les dix premières minutes équilibrées donnaient le ton, Muller sonnant la première charge (7e ) avant que Mayembo ne fasse passer un frisson dans le camp alsacien sur une tête rendue dangereuse par la sortie manquée de Kehi (8e ). Logiquement, l’ASCB a fini par laisser le ballon aux Isérois. Plus à l’aise dans le jeu en transition, elle s’est échinée à bien fermer les espaces pour mieux partir en contre-attaque.

Malgré une flopée de coups de pied arrêtés concédés dans sa moitié de terrain, Biesheim a serré les rangs, en restant toujours appliqué. Pour mieux piquer sur ses maigres opportunités offensives. Efondja a d’abord fait lever tout un stade sur une tête qui a heurté le poteau – l’arbitre assistant avait toutefois signalé une position de hors-jeu. La sensation est intervenue plus tard, quand sur une mauvaise relance grenobloise, Viana a décalé Miliani qui a trouvé Guillaume Jacquat, seul en retrait (1-0, 44e ).

Pour un candidat à la Ligue 2, le GF38 avait montré trop peu de choses au cours des 45 premières minutes. Et il a affiché un visage plus en rapport avec ses qualités après le repos. Une recrue hivernale s’est chargée de réamorcer la pompe pour les visiteurs. Boussaha a d’abord trouvé Kehi dans un angle fermé avant d’égaliser de la tête en coupant un centre de Guégan (1-1, 53e ).

Requinqué par la rentrée de l’ex-Mulhousien et Colmarien Raphaël Gherardi, Grenoble était tout près de tuer la rencontre sur une tête de Vandenabeele magnifiquement claquée sur sa barre par Kehi (65e ). Entamés physiquement, les Rhénans ont passé le second acte à courir derrière le ballon. Autour d’un Grosperrin royal dans les duels, la défense du Petit Poucet a paré au plus pressé, concédant, au final, un minimum d’occasions.

• Viana, Jacquat, les occasions manquées

Au plus fort de la domination des hommes d’Olivier Guégan, les Orange se sont offert une balle de match sur un lob de 40m de Viana. La cage désertée par un Camara sorti au-devant de Julien Jacquat appelait le ballon. Cela aurait été beau, cela aurait été grand, cela aurait été grandiose mais le cadre s’est dérobé pour un petit mètre (90e ).

Cette étincelle a eu le mérite de rallumer la flamme rhénane. Dès l’entame de la prolongation, porté par une nouvelle agressivité, Biesheim retrouvait de l’allant. Sur un pressing de Julien Jacquat, Miliani décalait Dardouri qui concluait comme à la parade d’un extérieur imparable (2-1, 92e ).

Dès lors, le seul mot d’ordre était de tenir, coûte que coûte, un résultat merveilleux. Transcendés, les Alsaciens ont donné plus que le maximum. La tête pas assez appuyée de Belvito aurait pu faire mal (99e ), le tir lointain de Benet aussi (103e ).

Il fallait se pincer pour ne pas croire à un rêve. La ola dans le stade municipal rajoutait au côté surréaliste de la chose. Julien Jacquat, par deux fois, était à deux doigts de mettre un terme au suspense. Mais il trouvait le poteau après avoir éliminé Camara (111e ) et manquait de lucidité au bout de son slalom (115e ). Et au moment où on s’y attendait le moins, Benet se montrait opportuniste pour calmer l’euphorie (2-2, 118e ).

Assommés, ni Chevrier, ni Fuchs, ni Muller n’étaient capables de tromper Camara dans cette douloureuse séance de tirs au but quand le GF38 se montrait bien plus efficace. Hervé Milazzo souhaitait sortir du terrain sans regret. C’est tout le contraire.

• « Une grande déception »

« C’est une grande déception. Mes joueurs ont donné le meilleur d’eux-mêmes, ils ont été énormes, lâchait dans un souffle qui lui coûtait l’entraîneur biesheimois. Je ne peux pas en vouloir à ceux qui ont eu le courage de tirer ( les tirs au but ). On parle de sortir par la grande porte mais moi je retiens qu’on a été sorti tout court. Peut-être que demain on se rendra compte de ce qu’on a fait. »

Quand le moment sera venu, la fierté pourra l’emporter sur la frustration. Car ce qu’a réalisé l’ASC Biesheim restera pour longtemps dans les mémoires alsaciennes. Et un mot reviendra alors en boucle : bravo.

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SOURCE : DNA